Deux robes molles dont une fondue
(Ceci n’est pas une robe molle et fondue mais un savant teasing à caractère commercial).
Dans les jours qui ont suivi ma désagrégation, j’ai été victime d’une frénésie de couture et de tricot.
C’est ainsi que je puis aujourd’hui prendre part à rien moins que trois défis…
I. Pour le 22 mai, le Grand Défi Robes d’été de Ma Chère Lara.
A l’initiative de Ma Chère Lara, un grand biathlon Tricouture a été Lancé. Il s’agissait de réaliser la Robe d’Eté de Sandrine et Compagnie. Pour ma part, j’en ai tricousu deux.
Il y en a une bleue molle et fondue, et une rose et juste molle. Je m’explique:
Comme j’avais déjà essayé ce modèle précédemment dans un vibrant hommage à Valéry Giscard d’Estaing, et qu’il était complètement mou, j’ai voulu changer de fil et de numéro d’aiguilles pour obtenir un résultat un peu moins avachi.
J’ai donc pris du Phil Etik 3,5, que j’ai tricoté aux aiguilles 3. Hé bien c’est tout mou quand même, je suis maudite.
En revanche la taille est bonne, c’est déjà ça…(un bon katran, ça ira Madame Reloux?)
Les petits boutons nacrés sont un cadeau de Lo*, et le liberty est le divin Dora rose.
Comme je suis très persévérante, j’ai fait une nouvelle tentative avec un autre fil de chez Phildar, le Phil Ecolo, qui se tricote en 4, ici aux aiguilles 3.
Les petits boutons rouges viennent de Je-ne-sais-où, et le liberty est le Keiko rouge et bleu.
Il me fallait un cinq ans pour l’Atelier Clandestin, et je pense que c’est ce que j’ai obtenu, comme l’indique le test sur Créature-témoin (qui porte du 4 ans habituellement et flotte un peu dans cette robe).
Malheureusement, le résultat final est tout aussi mou, et en plus un peu fondu en bas à droite sur l’image. En effet, j’ai repassé cette robe bleue juste après la rose, j’ai été trompée par le nom de la laine, et j’ai cru qu’il s’agissait d’un quelconque coton solidaire et biologique. Que nenni!!! Bien au contraire!!! C’est un affreux acrylique fait de rebuts, comme me l’a indiqué très vite l’odeur prononcée de bouteille en plastique brûlé. Sorry, Ahhude, de t’offrir une robe molle en détritus fondus, pffff…si j’avais su…mais il faut dire que j’ai tellement aimé la couleur que je l’ai prise sans lire l’étiquette, aussi…
Les autres robes d’été sont ici:
II. A ne lire qu’à partir du 25 mai: le Grand Défi Aime comme Burda de Ma Chère Lara.
C’est rigolo comme la Blogo – couture est périodiquement prise de lubies qui se propagent à vive allure (cf par exemple la contagion du Liberty de l’année, jurisprudences Fitzgerald/ 2012 et Betsy Porcelaine/2013).
Au moment même où Burda publiait son Veronica Top, la Pauvre Aime Comme Marie s’arrachait les cheveux sur son Mix.
Par respect pour cette tradition d’authentique recherche en style, j’ai décidé de proposer moi aussi une création originale:
Je suis quand même super fière de mon idée: j’ai pris un tee shirt H&M que j’aimais bien, j’en ai décalqué les contours, j’ai tracé une croix au milieu, j’ai mis du biais aux manches et au col, et hop, j’avais rejoint le club fermé des Créateur de Patrons.
Pour affirmer l’originalité troublante de mon style, j’ai creusé l’encolure.
Dentelle du marché, jersey orageux France Duval Stalla.
J’ai voulu me contorsionner pour qu’on voie mieux le dos, mais le résultat est moyen. On observe quand même que j’ai rajouté un triangle au dos, contrairement à Burda et Marie (encore une preuve de mon audace).
Je suis prête à vous décalquer cette création originale, fruit de presque une heure d’un travail acharné, pour la somme de 13 euros hors FDP, soit un euro de moins que ma concurrente (je suis très compétitive, en plus d’avoir des dons de patronage innés).
La liste des vaillantes participantes à ce Défi Veronica sera complétée le jour dit!
III. A ne lire qu’à partir du 27 mai: le Grand défi Bébéboîtes de chez Flop!
Ho la la, ce défi a eu un tel succès que je me sens incapable de répertorier les dizaines de participantes. Autant aller voir la mosaïque chez Flop le jour dit, non?
Ma modeste participation est constituée d’un Kina Bébé de Kidstricot, et d’une petite chemise bidouillée à partir du patron des IPBB de Citronille et des chutes du liberty Betsy de ma Robe Aux Dix Mètres de glorieuse mémoire. La laine provient du stock de ma grand mère.
Je n’ai pas eu le temps de prendre des photos convenables de ce petit ensemble, il a fallu l’offrir d’urgence.
Enfin, une Bonne Action est à signaler!
En apprenant que j’étais désagrégée, Miss Grain de Sel m’a gratifiée d’un lot de consolation (vous avez vu! elle a même des cartes de visite avec sa nouvelle bannière!!!)
Petit col au crochet pour Petite Créature Modèle, et coussin de repos (car heavy is the head that doesn’t wear the crown, pffff…) pour ma pauvre petite personne.
Evidemment, rien n’a marché comme prévu, en voyant le côté rose du coussin, la Petite Créature a déclaré “C’est mon cadeau”. Et en effet, elle dort dessus tous les soirs, maintenant.
Humiliée, outragée, désagrégée, découssinée….ce que je souffre, quand même…
Désagrégée mais pas trop
Face au désastre annoncé des oraux de mon concours, une cellule de soutien psychologique s’est très vite mise en place.
- Un éminent spécialiste avait d’abord eu soin de restaurer mon estime de moi-même en me concoctant un Pack de Survie pour les écrits.
Il va sans dire que j’ai tout de suite cousu le patron, même si je n’ai jamais été fichue de faire des photos correctes.
Modèle Kim de Citronille, taille 2 ans, deux tissus étoiles contrastés provenant de draps de La Redoute achetés en soldes et de biais de je-ne-sais-où + pressions Kam infernales à poser (il doit y avoir un problème avec ma pince, je ne vois pas d’autre explication, le bidule central s’écrase toujours au mauvais endroit…ça vous le fait, à vous???)
Désolée pour la photo toute moisie prise à Potron Minet; on constate au moins que je révisais bien tous mes vieux Burda en vue de mon concours (mais je ne suis pas tombée dessus à l’oral, bizarrement).
- Mon Guru a carrément créé une jupe de fée pour l’occasion, avec tuto pour ceux qui voudraient reproduire l’exploit!
Lin, tulle kibrille et liberty meadow parme, mon Guru est le plus fort!
- En parlant de Fée, la Petite Créature a aussi reçu une somptueuse Kate’s Dress!
Lin, liberty Betsy Platine, passepoil kibrille…tu sais ce que j’aime, Chris!
- Revenons à notre concours:
La pragmatique Elz avait prévu une trousse réversible à mes couleurs – et sans le moindre zigouigoui, bénie soit-elle!
Le jury a été impressionné, mais pas assez…
- Avant ma première épreuve orale, Ma Chère Lara qui craignait les effets délétères du stress m’a concocté une soirée relaxation.
Au programme révisions…
Yoga du corps et de l’esprit…
Chromothérapie. C’est un maillot de bain des basiques d’été, dûment rallongé de plusieurs centimètres à la taille, en sizan (pour une Petite Créature de deux ans et demi, c’est très fort!)
- En prévision de mon échec, ma Mère avait prévu un Panier Garni de Consolation:
Vous ne rêvez pas, elle est allée jusqu’à Nouillorcques pour me rapporter des tissus de chez Mood (à voir très bientôt sur ces pages!)
J’ai même ma Carte de Membre, Mouâ!
C’était la semaine des patrons Butterick et Mc Calls à 1$88.
Elle m’a aussi rapporté les archives du magasine Threads, des Origines jusqu’à nos Jours!
Mais elle avait quand même quelques messages à me faire passer.
On dirait qu’elle en a ras le bol de m’entretenir.
Je ne sais pas si elle réalise qu’il n’y a pas tellement de millionnaires en Greenland.
Par contre on dirait qu’elle ne serait pas contre un quatrième petit-enfant…
Je ne crois pas que ça va être possible à cause de mon nouveau maillot de bain.
En effet, juste devant la Sorbonne où je passais mes oraux, je suis tombée sur cette réclame.
Mrs Carter alias Beyoncé Knowles, la femme de Shawn Corey Carter alias Jay Z, posait pour une ligne de maillots de bains cheap pour H&M.
Vous me connaissez, au lieu de réviser, il a fallu que j’aille m’en procurer un toudessuite!
Comme je n’étais plus à ça près, j’ai aussi fait une excursion botanique.
Voici les célèbres murs à pêches de Montreuil.
Beyonce et moi, on a le même maillot, et en plus on adore les arbres (elle le dit dans son excellente autobiographie filmée: Life is but a dream, que je vous conseille vivement, c’est très philosophique; d’ailleurs, comme on sait, son enfant s’appelle Ivy Blue comme l’arbre… dommage que le jury ne m’ait pas interrogé là dessus non plus, hein!)
Il n’y a pas que des murs à pêches, à Montreuil, mais aussi un incroyable olivier.
En fait, ma seule véritable déconvenue aura été Le France Duval Stalla’s shop. Je sais que ça n’est pas très politiquement correct de le dire, mais je l’ai trouvé…très surfait. Un peu cher, un peu prétentieux, un peu mièvre, un peu rat…d’ailleurs par vengeance, je ne mets même pas la photo, tiens…
Ah oui, et je suis aussi allée me balader au Luxembourg…pas étonnant que j’aie fini désagrégée, hein, avec tout ça! On ne pourra pas dire que je ne sais pas quand laisser tomber et prendre une Margarita.
Holly Golightly et moi…
…ON SAIT VIVRE!
Non contentes d’être d’authentiques ladies,
nous ne tricotons que des choses très mettables.
Je dois avouer qu’avec Mimi de Karen Borrel, je me suis fait très très peur. Ma mère, qui m’a vue le tricoter, s’est bien fichue de moi. J’essayais de la convaincre du fait que porté, ça serait formidable, mais au fond, je doutais.
Et en effet, terminé c’était atroce, et même la bande masquante n’y a rien changé…
J’avais bel et bien tricoté une robe d’Holly Golightly.
J’étais d’autant plus dépitée que j’avais commis cette horreur en concert avec Love is all we need, qui elle, bien sûr, avait assuré (non mais vous avez vu cette photo splendide, en plus!)
Finalement, sur la Petite Créature, ça n’était pas si affreux, juste un peu Giskardestin sur les bords.
Pour obtenir cette robe d’Holly Golightly à volants, j’ai modifié comme suit:
- pas de ligne de démarcation entre le “haut” et la “jupe”
- 10cm de hauteur totale en plus
- 2 rangs d’augmentations en plus au niveau des volants
- pas de bordure pour que ça roulotte en bas.
Ici on voit à peine mieux les volants.
Vous ne rêvez pas, toute à mon Giscard Revival, j’ai carrément récupéré la table des enfants chez ma grand mère.
Je n’étais même pas loin de reprendre mon tabouret fétiche.
La Bonne Action du jour, nous la devons à Caro qui m’a adressé ce colis coloré. Je m’étais en effet mis en tête de fabriquer une chambre de poupées brodée, mais l’idée d’investir une fois de plus des mille et des cents dans une entreprise hasardeuse qui certainement se révélerait peu concluante m’a quelque peu freinée. Elle m’a donc proposé des échantillons de fils, et ma foi, je m’en félicite (j’ai aussi eu un bout de son tissu à bermudas qui sèchent vite, et un superbe voile de coton à carreaux juste comme j’aime)!
Pour l’occasion je me suis initiée au point de croix, c’était pas de la tarte.
J’ai aussi refait du matelassage.
Heureusement que j’avais les fils de Caro, car malgré son aspect bichromatique, cette chambre a utilisé presque toutes les couleurs que j’ai reçues!
Voici ce que ça donne plié:
Le tissu à étoiles est un cadeau d’Elz, le blanc vient d’un des vieux draps de ma grand mère.
Le code couleurs patriotique, c’est donc tout de leur faute.
Et voilà, ma p’tite dame, mon bon monsieur, ça sera tout pour aujourd’hui!
Ah…j’oubliais. Pour celles et ceux qui s’inquiéteraient de me voir négliger Goethe, sachez que le Grand Homme vient de m’envoyer un Signe. A peine avais-je repris les Affinités électives, chapitre 7 de la seconde partie, que je tombai sur le passage suivant:
“Pour alléger fortement ces sentiments quelque peu mélancoliques, les dames lui firent encore un cadeau lors de son départ: un gilet qu’il les avait vues longtemps tricoter avec une secrète envie à l’égard de l’heureux mortel inconnu à qui il devait échoir un jour. Un pareil présent est le plus agréable que puisse recevoir un homme aimant et respectueux; car lorsqu’il songe au jeu infatigable des jolis doigts il ne saurait le faire sans se flatter que le coeur n’est pas resté entièrement étranger à un travail si persévérant.”
Vous voyez, j’ai sa bénédiction.
L’Echo de la Mode
Il n’y a pas que Goethe et Truffaut, dans la vie, aussi me suis-je mise dernièrement à lire l’Echo de la Mode.
Comme son nom l’indique, c’est une publication dédiée à la Mode, mais pas que.
Il y a de sages conseils matrimoniaux…
…notamment sur la bonne façon de réagir à la violence conjugale ou à l’infidélité, qui ont leurs bons côtés que l’on oublie trop facilement.
De toute façon, le plus important c’est de ne pas se mettre en colère.
Mais si j’aime tant l’Echo de la Mode, c’est surtout pour les patrons inclus dans chaque livraison.
Par contre il faut savoir que Burda, par rapport à l’Echo de la Mode, c’est EASY. Au moins, dans Burda, les patrons sont en taille réelle, et il y a des instructions, fussent-elles cryptiques…
N’allez pas croire qu’il n’y a que des patrons de pantoufles et de robes de chambre, surtout…
Il y a aussi des patrons de blouses.
Et même de blouses sexy.
Quand on en a assez de faire des blouses, on peut faire des dessus de blouse.
Tout cela ne me concerne pas puisque j’ai le tablier que Flop a spécialement brodé à mes couleurs: le praliné de chez Bulabois, Hirsinger en général, et bien sûr le Vin Jaune!
C’est incroyable, ça, en prenant la photo, mon acolyte a délibérément coupé le haut du cupcake. Nan mais je vous jure…
Mais Flop sait bien que sous le tablier de la Fée du Logis impeccable se cache avant tout une Fâââmme, une Vraie, qu’elle a voulu gâter aussi.
Et une robe- tablier, une!
Une robe-chemise!
Et ma préférée…une robe à col-clau! Merci Flop! Tu es trop forte!
Qu’est-ce que ça tombe bien! Je viens juste de m’acheter une nouvelle machine: la Bernina Classe 614 modèle 1961! Elle fonctionne parfaitement, avec un mécanisme bien lourd, huilé et silencieux…une sorte de berline de luxe, quoi…elle fait de ces jolis points bien réguliers et mignons…
En attendant, voici les toiles d’une jupe cercle et d’une tunique 1952 revue et corrigée par Gertie.
La jupe a été tentée dans un vieux drap de ma grand mère.
La blouse est en crépon mauve.
Ni la jupe ni la blouse ne me convainquent complètement, je ne pense pas en faire de version définitive…
Mais j’ai quand même quelque chose de réussi à vous montrer: un tee shirt col bénitier patronmaison!!!
L’encolure est juste comme je voulais!
Par contre je pense qu’il faut indispensablement un jersey viscose très mou pour obtenir des plis bien souples. Il y a une sorte de “bracelet de hanches” pour faire bouffant à la taille.
Comme c’est un crash test, il est surjeté en blanc, ce qui est bien malheureux, parce que je n’ai jamais retrouvé de jersey approprié depuis…
Et pendant que j’y suis, voici un autre patronmaison moins bling bling, mais je l’aime bien aussi!
Deux Bonnes Actions aujourd’hui! La première m’a surprise un samedi après midi! Merci Grande Lo*!
Et la deuxième est arrivée le même jour de Paris: Babar et Céleste sont venus vivre en Greenland, les pauvres…c’est bien fini les safaris dans la savane.
Corbeaux
Lecteurs, lectrices, c’est une femme traquée qui vous écrit. Il y a d’abord eu l’Affaire du blog Jamais Au Bout Du Rouleau (JABDR). Figurez vous que pendant plusieurs semaines, on m’a accusée d’en être l’auteur, à savoir “Porterouleau”, alias Evelyne, alias Ahhude, alias Aude de l’Atelier Clandestin (si c’est pas malheureux, une mère de famille respectable, je me demande quelle mouche l’a piquée).
A peine mon honneur était-il lavé que rebelote, on prétendait que j’écrivais les commentaires scatologiques publiés sous le pseudonyme élégant de “Prout”, toujours sur le même blog. On dirait que personne ici ne réalise vraiment que je suis une lady (j’en veux pour preuve ma robe aux dix mètres de tissu de glorieuse mémoire!)
Et voilà Maintenant que d'autres Corbeaux – les mêmes? m’envoient une lettre anonyme!
Comme on vit en plein Greenland, que le tissu est aux couleurs de Valéry Giscard d’Estaing et que le pauvre Lutin n’a rien à se mettre, je me suis exécutée (et puis j’avais quand même un peu peur des représailles, aussi…)
J’ai donc cousu le même imper du Makié que Lo*, au même moment et dans la même taille, mais sans pouvoir le lui dire… Je l’ai doublé d’une épaisse polaire duveteuse qui a mis de la poussière dans toute la maison.
J’ai bien pensé à aligner les carreaux…sauf sur la capuche, ça m’a complètement échappé…
La photo de face et immobile a été très difficile à obtenir.
A l’état naturel, le Lutin s’observe plutôt de dos, alors qu’il se carapate…
…ou éventuellement à katpattes, soit qu’il fouisse une flaque ou qu’il broute des cailloux.
Le Hate Crime du jour est un exemple de ce qui peut m’arriver si je tourne les talons.
Le climat est très suave, au Royaume de Danemark…
ALORS, LES CORBEAUX...HEUREUX?
Pour en finir avec le Bleu
Introducing…la Robe Aux Dix Mètres De Tissu!
A robe extraordinaire, shooting extraordinaire!
Nous avons pour l’occasion réuni sept couturières plus ou moins émérites. Il s’agissait ni plus ni moins que d’un Sewing Mardi et Mojitos.
J’’ai pu coudre sur une machine VIP, qui coupe le fil toute seule et lève le pied d’un simple geste du genou (presque de la télépathie).
Il s’agit d’une version améliorée de la jupe plissée de Crise du Coudre C’est Facile Hors Série n°2 vue ICI et ICI.
C’est une jupe hautement collaborative, dans le sens où le Sersucker est à Lara, le fil rose fluo à Céline, et l’idée du noeud en satin à Vanessa… C’est d’ailleurs Madame du Canal qui a coupé la ceinture et décousu les plis ratés.
Heureusement, j’ai inventé les passants de ceinture toute seule, l’honneur est sauf.
Revenons-en à notre robe aux dix mètres, si vous le voulez bien (on distingue nettement la bâche murale du salon de Ma Chère Lara, son parquet, son train…j’y étais! J’y étais, je vous dis!)
Si la robe aux dix mètres utilise dix mètres de tissu, c’est parce que la jupe est terriblement ample, et se compose de six panneaux très larges en bas et très fins en haut qu’il faut disposer les uns au dessus des autres sur le coupon.
C’est ça qui forme les coutures princesse si flatteuses à la taille (désolée, on en revient à mes photos qui sont très floues…)
J’avais un peu peur de me rater avec tout ce Betsy, ça aurait pu être atrocement tarte à la crème.
En fait, mon objectif, c’était rien moins que la robe bleue de Betty Draper dans Mad Men.
Autrement dit une robe New Look, quoi…
J’aime tout particulièrement le côté sexy mais sainte nitouche du décolleté (et sorry pour la bretelle noire – où avais-je donc la tête?)
C’est donc une réédition moderne du célébrissime patron Butterick 7745 que j’ai utilisée.
Je me suis vraiment appliquée! Regardez cette fermeture sous patte piquée à la main!
Même sur l’envers, c’est montrable!
Et regardez cet ourlet enrubanné!
Et puisque j’étais Montée A La Capitale (pour y trouver la neige, c’était bien la peine de fuir le Greenland!), j’en ai profité pour donner à ma mère son Gilet Bleu Canard.
Il n’a pas encore ses boutons, je sais, j’exagère. Il faut dire que des pressions sont prévues, montées sur un gros grains assorti au gilet, bref, ça va être tellement compliqué qu’on a préféré vérifier qu’il seyait avant de se lancer dans une entreprise difficile et dispendieuse…
Donc il sied, comme vous voyez. C’est un gilet Moonstone de Kim Hargreaves, passablement modifié au point d’en être méconnaissable, tricoté en choeur avec Rue des Mûres, avec de la Kidsilk de Drops.
Toujours dans le genre bleu, dès que j’ai vu celui-ci (Semilla de BC Garn), j’ai pensé à Flop!
C’est le cache coeur Artichaut de De Rerum Natura, en taille 10 ans, pour sa grande fille.
Pour m’amuser j’ai voulu faire une ptite broche en laine amovible…
Mais je n’arrivais pas à me décider sur la couleur, alors j’en ai fait trois interchangeables…
Et pour en finir avec le bleu, nouvel épisode des somptueux cadeaux de Mon Guru! Le velours en est tout moelleux, la doublure liberty toute douce, et il y a même des perles, autant dire que la Petite Créature ne rêve que d’en tremper les manches dans le mafé…
Par contre, vous n’imaginez pas ce que cette photo moche et floue m’a coûté comme efforts. C’est de plus en plus dur. Et ce jean 3 ans déjà trop court aaaargh, c’est trop dur!
Et pas de Hate crime aujourd’hui – et pourtant j’en ai en réserve – mais là, ce post est déjà bien trop long, j’en ai marre!
Mais où es-tu, Valéry Giscard d’Estaing?
Ma chère Lara et moi, on vieillit, on gagate, on est nostalgiques de nos années Giscard.
Du coup on a exhumé nos reliques.
Mon cousin a procédé au Partage Equitable de nos Fisher Price d’enfance. A moi l’hôpital , à lui l’école.
J’ignore où sont passés le bus scolaire et la maison familiale que nous avions aussi.
Je pense que le parc et le cheval à bascule font partie de la nursery de la maison.
Lara, elle, a retrouvé sa robe swinging London de petite fille, et l’a offerte à Joséphine.
J’ai tout de suite pensé à la pauvre Louise qui aime le zaune et a juste katran.
C’est une robe d’été de Sandrine et Compagnie, tricotée en Thalassa de Phildar, et cousue en en merveilleux liberty Xanthe Sunbeam offert par Rue des Mûres. Les jolis boutons en bois sont un cadeau de ma chère Lo*!
Je n’ai pas pu m’empêcher de l’essayer à la Petite Créature pour voir si la taille était bonne…
Le livre est de Gyo Fujikawa, première édition: 1974. Comme quoi les années Giscard, quand même, c’était pas toujours si mal, et ce, contrairement à ce qu’on croit, même dans la mode…
Je me verrais bien avec la jupe de gauche, moi…
Bon, et sinon, je profite de l’ambiance bon enfant de ce post pour vous annoncer qu’une révolution joyeuse est en marche dans le monde merveilleux des Portetorcheculs. Un blog tout nouveau et beau oeuvre à la promotion de cet indispensable ornement de la vie moderne, et ce pour le bien de tous les êtres.
Allez y, vous ne serez pas déçus!
Quant à Elz, elle a carrément fait son coming out, et je vais faire pareil dès que j’aurai fini de m’en coudre un aux couleurs de VGE (liberty phoebe orange/ satin orange/ passepoil marron/ vison).
Sur ce, happy jeudi, everybody!
EDIT: sans transition aucune (ça nous changera), je découvre simultanément que Nous Avons Un Pape et que nous avons cousu cette robe à plusieurs. Pour Lara, je le savais, mais figurez-vous que Bidouilles et bricoles s’y est collée aussi, youpi, et happy jeudi!
Torchecul
"Comment cela ? dist Grandgousier.
- J'ay (respondit Gargantua) par longue et curieuse experience inventé un moyende me torcher le cul, le plusseigneurial, le plus excellent, le plus expedient quejamais feut veu.
- Quel ? dict Grandgousier.
Comme vous le raconteray (dist Gargantua) presentement.
"Je me torchay une foys d'un cachelet de velours de une damoiselle, et le trouvay bon, car la mollice de sa soye me causoit au fondement une volupté bien grande ;
"une aultre foys d'un chapron d'ycelles, et feut de mesmes ;
"une aultre foys d'un cache coul ;
"une aultre foys des aureillettes de satin cramoysi, mais la dorure d'un tas de spheres de merde qui y estoient m'escorcherent tout le derriere ; que le feu sainct Antoine arde le boyau cullier de l'orfebvre qui les feist et de la damoiselle qui les portoit !
"Ce mal passa me torchant d'un bonnet de paige, bien emplumé à la Souice.
"Puis, fiantant derriere un buisson, trouvay un chat de Mars ; d'icelluy me torchay, mais ses gryphesme exulcererent tout le perinée.
"De ce me gueryz au lendemain, me torchant des guands de ma mere, bien parfumez de maujoin.
"Puis me torchay de saulge, de fenoil, de aneth, de marjolaine, de roses, de fucilles de courles, de choulx, de bettes, de pampre, de guymaulves, de verbasce (qui est escarlatte de cul), de lactues et de fueilles de espinards, - le tout me feist grand bien à ma jambe, - de mercuriale, de persiguire, de orties, de consolde ; mais j'en eu la cacquesangue de Lombard, dont feu gary me torchant de ma braguette.
"Puis me torchay aux linceux, à la couverture, aux rideaulx, d'un coissin, d'un tapiz, d'un verd, d'une mappe, d'une serviette, d'un mouschenez, d'un peignouoir. En tout je trouvay de plaisir plus que ne ont les roigneux quand on les estrine.
- Voyre, mais (dis Grandgousier) lequel torchecultrouvas tu meilleur ? […]
- Je me torchay après (dist Gargantua) d'un couvre chief, d'un aureiller, d'ugne pantophle, d'ugne gibbessiere, d'un panier - mais ô le mal plaisant torchecul ! - puis d'un chappeau. Et notez que des chappeaulx, les uns sont ras, les aultres à poil, les aultres veloutez, les aultres taffetassez, les aultres satinizez. Le meilleur de tous est celluy de poil, car il faict très bonne abstersion de la matiere fecale.
"Puis me torchay d'une poulle, d'un coq, d'un poulet, de la peau d'un veau, d'un lievre, d'un pigeon, d'un cormoran, d'un sac d'advocat, d'une barbute, d'une coyphe, d'un leurre.
"Mais, concluent, je dys et mantiens qu'il n'y a tel torchecul que d'un oyzon bien duveté, pourveu qu'on luy tienne la teste entre les jambes. Et m'en croyez sus mon honneur. Car vous sentez au trou du cul une volupté mirificque, tant par la doulceur d'icelluy dumet que par la chaleur temperée de l'oizon laquelle facilement est communicquée au boyau culier et aultres intestines, jusques à venir à la region du cueur et du cerveau. Et ne pensez que la beatitude des heroes et semi dieux, qui sont par les Champs Elysiens, soit en leur asphodele, ou ambrosie, ou nectar, comme disent ces vieilles ycy. Elle est (scelon mon opinion) en ce qu'ilz se torchent le cul d'un oyzon, et telle est l'opinion de Maistre Jehan d'Escosse. "
Rabelais, Gargantua, chapitre 13, 1534
S’il y en a bien une qui est sensible à ces questions essentielles, c’est Elz, dont vous connaissez tous la préoccupation constante pour les torcheculs (son blog est mondialement réputé pour ça, relisez les requêtes qui y mènent si vous ne me croyez pas).
Lorsqu’elle a gagné le Grand Lot Surprise de mon Grand Jeu Concours, je savais que devrais frapper fort pour satisfaire une spécialiste éminente comme elle. Elz méritait le meilleur, je m’en rendais bien compte, aussi la genèse du cadeau a-t-elle été particulièrement mouvementée, nécessitant même une expédition au fond de l’Ain, le maniement d’une scie, et une étude approfondie du rayon véssés du Géant Casino. .
A ce stade, il me faut avouer que, pour donner le meilleur de moi-même, j’ai bénéficié de l’expertise d’une élite de spécialistes:
- pour le soutien psychologique et les questions diverses, j’ai eu recours à ma chère Lara (elle est très psychologue, et aussi spécialiste en questions diverses, ce qui tombe très très bien).
- pour le slogan et la broderie j’ai pu compter sur les compétences infaillibles de Lo* (il a été question un moment de broder “keep calm &…” je n’ose même pas vous le dire tellement c’était bête, heureusement que Lo était là…)
- Pour le moral des troupes et les bulles, il me faut citer Flop qui a été exemplaire
- Pour le repos du guerrier, une pensée émue pour l’Aire du Poulet de Bresse, pour ceux qui ne connaissent pas, quel endroit mémorable, vraiment...
Maintenant que j’ai dénoncé mes co-conspiratrices, il me faut vous dire de quoi se compose le Grand Lot d’Elz.
Making of: il y a du liberty, pas moins de quatre sortes (Eloïse, Rania, Mitsi, Keiko); il y a du satin, il y a du molleton, il ya du matelassage, il y a de la broderie, il y a du véritable bois d’arbre du jardin, il y a du papier de soie doré, il y a du gros grain…
Mais de quoi s’agit-il, bon sang (le suspense est à son comble)?
Ni plus ni moins que d’un Portetorcheculs matelassé-satiné en liberty!
Evidemment, je n’ai pas pu envoyer d’oison bien dumeté par la poste, aussi ai-je dû le garnir de simple PQ.
J’ai choisi du blanc à biches, fleurs de lys et papillons turquoise et rose.
Maintenant, je regrette un peu. Si c’était à refaire, je crois que je prendrais tout de même du Casino bleu-piscine parfum lagon
, ou alors du Moltonel ouatiné qui certes, ne sent pas, mais est doté d’un relief ornementé assez chic, je trouve:
(c’est très stylé, comme on peut d’ailleurs le lire sur l’emballage…).
(Je me suis vraiment couverte de gloire, rayon PQ du Géant Casino, lorsque j’ai pris ces photos. Les usagers étaient consternés.)
Bien. laissons-là ce sujet capital, si vous le voulez bien, pour accueillir avec émotion notre Special Guest Star du jour, j’ai nommé…
LE PORTAIL de ma chère Lara! (je l’ai aimé au premier regard, ce portail, dès que je l’ai vu de loin sur une photo floue. Vous n’imaginez pas les manigances qu’il m’a fallu mettre en oeuvre pour finir par le rencontrer EN VRAI…)
Le Portail est accompagné de deux petites filles bien habillées, et pour cause. Ma chère Lara et moi-même avons enfin tricoté Bulle de Karen Borrel, et c’était une riche idée, je trouve.
Cette Bulle vieux rose est tricotée en Quito de Cheval Blanc, et, comme toujours, c’est trop mou.
Je ne sais plus à quel saint me vouer, j’ai beau faire des échantillons conformes, ça finit toujours par faire mou, comme on le voit le long de ces bords d’encolure flasques.
Mais je suis quand même contente, parce que contrairement à ma chère Lara qui a eu les chocottes, moi j’ai fait les poches.
Et j’en suis fière (même si, honnêtement, je m’en suis voulu de ne pas avoir eu l’idée de ne pas les faire…)
En effet, ces magnifiques poches argentées m’ont pris à elles seules plus de temps que le reste de la bulle.
Cette laine dont j’ai oublié le nom, ayant perdu le petit bidule de papier qui l’entourait est chouette, mais très fine et râpeuse, donc longue et malaisée à tricoter.
Mais quelles belles poches, tout de même. Et même pas molles, elles.
Bon, fini de rigoler maintenant.
L’auteur du hate crime du jour est le célèbre Barbare. Ayant localisé un fil mal rentré sous l’aisselle, il a cru rendre service en le coupant. Merci, vraiment.
Après toutes ces émotions, vous reprendrez bien une petite Bonne Action pour la route? Je poursuis avec la liste des cadeaux de mon Guru.
Il s’agit du ticheurte gris chiné de la Petite Créature, assorti à celui du Lutin!
La petite Créature était tellement rétive qu’elle ne rend pas tellement justice à ce joli ticheurte. Il était encore un peu grand quand les photos ont été prises, mais maintenant c'est parfait!
New Look 1947- 1953
Aux environs de l’année 2000, ma mère m’a offert une jupe en drap de laine anthracite Yves Saint Laurent qui ne lui allait plus.
A compter de ce jour, cette jupe est devenue ma jupe préférée entre toutes, mais comme elle était en laine, je ne pouvais la porter que l’hiver.
Quand je me suis mise à coudre, je cherchais un patron pour me faire une jupe semblable, mais pour l’été. J’ai tout naturellement atterri sur Vintage Patterns Wikia où je n’ai pas su où donner de la tête tant les propositions de patrons étaient nombreuses.
Evidemment, je n’ai pas pu m’empêcher d’en commander quelques uns. Dès réception, bien sûr, j’ai déchanté en réalisant qu’ils nécessitaient des dizaines d’heures de travail, des mètres et des mètres de tissus précieux aux prix exorbitants, et surtout bien sûr d’amples crinolines pour garantir un effet bouffant bien conforme. J’ai laissé tomber.
Toute cette affaire m’a tout de même permis de me documenter sur ce style du début des années 50 que j’affectionne, popularisé dès 1947 par Christian Dior sous le nom de New Look, et caractérisé par une taille très marquée, des jupes “tea length” et des épaules arrondies.
Malgré sa simplicité apparente, le style New Look nécessite un appareillage complexe: corset, crinoline, rembourrages de hanches et d’épaules, et surtout des quantités extravagantes de tissu (80 mètres pour la robe” Diorama” ci-dessus – elle a été faite dans des stocks de toile de soie à parachutes de la seconde guerre mondiale).
En voyant cette robe de mariée Dior 1949, on ne peut s’empêcher de la trouver très moderne, je trouve…
D’ailleurs Galliano a fait à peu près la même en 2011.
Pour ma part, je suis restée bloquée dans mon projet de robe vintage jusqu’à ce que je découvre qu’en fin de compte, une crinoline, c’est juste un jupon de baba cool mais en organza. J’en ai d’ailleurs trouvé des tout faits pas très chers sur Etsy.
Celui-ci par exemple a été vendu, mais il coûtait 35 euros. Pour ma première crinoline, j’ai opté pour quelque chose de très discret et pas trop bouffant. Il y a donc trois rectangles: le premier fait deux fois le tour de taille en largeur, le second est un tiers plus long que le premier, et le troisième un tiers plus long que le second.
Et ça donne ça.
Je suppose que si l’on fait les volants en tulle et pas en organza, ça donne un effet encore plus bouffant. On le saura bientôt, car le jupon de ma robe aux dix mètres de tissu sera en tulle.
Je ne vous cacherai pas quand même qu’il faut aimer faire des fronces, et que sur l’organza, les fronces, ça n’est pas commode du tout.
En tout cas, avec la jupe Saint Laurent, ça apporte carrément quelque chose, non?
Maintenant que j’y pense, Cendrillon aussi était adepte du New Look, on dirait…
Moi aussi il me faudrait quelques souris pour m’aider à couper dans mon Betsy bleu. Pour l’instant, j’ai le trac, j’arrive pas. Dix mètres de tissu, quand même. Dont 3 de liberty! J’ai beau avoir fait une mousseline, ça fiche les chocottes, ça!
A propos de bonnes fées et autres, je suis ravie d’annoncer que j’ai enfin finalisé (avec pas mal d’aide) le Grand Lot qu’Elz avait gagné à l’occasion du Grand Jeu Concours.
Pour coller aux goûts de ma Grande Gagnante, j’ai voulu du bling bling, du rose, des paillettes, du doré…
…et bien m’en a pris, parce que quand la Grande Gagnante m’a donné son adresse, j’ai découvert qu’il fallait adresser le colis à
Elsa Laplusbelledumondeentier
Château de la princesse
66 Catalogne-Catalunya
Elz court ouvrir au facteur…la suite au prochain épisode…
De Profundis
Non non non, rassurez-vous, je ne suis pas cernée par les eaux comme l’autre dimanche, il fait même neige et soleil depuis plusieurs jours!
Je voulais juste faire un peu de réclame pour le film de Miguelanxo Prado.
A propos de clameurs qui s’élèvent des profondeurs (De profundis clamavi ad te, Domine…), vous avez dû réaliser maintenant que la disparition du Défi 13 nous a toutes laissées comme orphelines (mon acolyte dirait Gros Jean Comme Devant).
Depuis, les micro défis prolifèrent sans parvenir à remplacer le vénérable ancêtre- d’ailleurs il n’y en a pas un qui soit équipé d’une mosaïque, alors…
Pour ma part, j’avais d’abord juré de ne plus jamais participer à aucun défi (= de porter un deuil ETERNEL). Puis, petit à petit, j’ai molli, un Pari Paris par ci, une satanée salopette par là…et aujourd’hui, c’est carrément à deux défis que je suis inscrite…
Odette est vraiment un patron élitiste. je ne sais pas si vous avez remarqué, mais seules les versions en liberty arachnéen sont jolies (surtout en Betsy porcelaine et Betsy platine, évidemment) (avec un tissu plus raide, ça devient trop bouffant, comme on voit ci-après).
Moi j’ai fait la mienne en vichy vert pomme, et franchement, ça fait nappe.
D’ailleurs le Kina Fraise qui va avec (la laine s’appelle Grenadine, mais je la trouve plutôt fraise…) est le très bienvenu pour planquer Odette.
C’est une copie conforme de celui de Ma Chère Lara, j’ai juste mis une dentelle verpomme et un bouton recouvert de vichy vert pour les différencier (je vous jure qu’elle est vert pomme, cette dentelle, et le vichy aussi, mais il n’y a pas assez de lumière pour le prouver).
Passons vite sur l’Odette portée qui n’est pas très seyante.
Avec le Kina c’est déjà mieux.
GRAND DEUX: LE DOUBLE DEFI BARBARE.
La Chemise que je vais vous présenter maintenant est cousue depuis décembre, aussi est-ce un peu de la fraude que de la présenter à l’occasion de ce Défi Chemise de Février.
Et en même temps, il m’a fallu trois mois pour convaincre le Barbare de se laisser prendre en photo avec, ce qui constitue à soi-seul un défi chemise, à mon avis. Il a d’abord refusé tout net, et même assez Curmudgeonly (j’adore cet adverbe, et ça n’est pas tous les jours qu’on peut le placer, alors excusez-moi…). Il m’a donc fallu attendre un moment où il avait vraiment besoin de mon aide. Heureusement, c’est moi la Préposée Aux Bidouillages Informatiques chez nous, et un soir que je lui piratai victorieusement le programme crypté qu’il voulait absolument regarder, je profitai de ma position surplombante pour lui arracher la promesse solennelle de poser vêtu de sa chemise.
Bien sûr, même après avoir promis, il s’est défilé plusieurs fois, et quand il a fini par accepter, il m’a dit que j’avais “5 minutes pas plus”. C’est donc munie d’un chronomètre que j’ai pris les photos suivantes (il m’a finalement accordé huit minutes, mais huit minutes au cours desquelles il a protesté, monté l’escalier, enlevé son pull, mis la chemise, enlevé la chemise, remis le pull, redescendu l’escalier, re-protesté).
Il a refusé tout net de retirer son tee shirt. On constate donc que la batiste de France Duval Stalla est transparente.
Et puis je me suis bien rendu compte que la batiste ne convient pas aux chemises, regardez comme le col a plissé par dessus l’entoilage quand j’ai voulu le repasser (je sais maintenant qu’il faut que j’arrête l’entoilage non- tissé pour me mettre à du vrai entoilage en coton, d’ailleurs…).
J’oubliais de vous dire que c’est la chemise Mister de Aime Comme Marie rallongée de dix centimètres aux poignets et à la taille.
D’ailleurs je ne me suis pas vautrée que sur le col, mais aussi bien sûr sur les fentes de poignets (pas de fausse pudeur: je vous dis TOUT). Il faut savoir que c’était le moment où ma machine à coudre faisait des points gondolés qui bouclaient sur l’envers (la Blogaux toute entière retentit encore de mes mails incrédules et affolés pour tenter de résoudre le problème; finalement il a fallu deux révisions en magasin pour en venir à bout). J’ai bien essayé de découdre et de recoudre, mais ça laissait des réseaux de petits trous tordus, c’était encore pire. Toutes les surpiqures sont moches comme ça.
Ou même encore plus moches si c’est sur l’envers (ci-dessus les boucles dont je parlais…)
Le Barbare est quand même satisfait, puisqu’il m’en a demandé une autre. La prochaine sera en tissu soie et coton des stocks Hermès (!) déniché par Jul (c’était d’ailleurs la Bonne Action du jour). Autant dire que j’ai pas intérêt à ruiner l’entoilage et à gondoler les surpiqures…
Et sinon, pour une fois que je peux prendre de belles photos depuis la fenêtre, j’en profite.
Zut, je réalise tout à coup qu’Odette est une chemise, et aurait donc pu convenir aux deux défis, le défi Odette et le défi chemise.




























































































































































































































