The Luck of Barry Lyndon (1844)
S’il y a un film que j’adore, c’est bien celui-là (et si ce film est aussi bien, c’est aussi que, tout comme Virgin suicides, il est l’adaptation d’un roman génial!)
A se réconcilier avec la pluie…
Aaaaah, cette lady Lyndon, que j’envie ses dentelles!

Et ce petit Bryan Patrick Lyndon, quel joli costume de velours!
Après cette entrée en matière poussive, j’imagine que vous me voyez venir avec mes gros sabots et mon Lutin tout nu qui se gèle en plein Vert Pays.
Quand j’ai reçu Ottobre 6/2008, j’ai tout de suite repéré le Goofy Pant ci-dessus, et je me suis dit que j’allais derechef fabriquer à mon fils un pantalon Fauntleroy.
Il m’a fallu sacrifier mon reste de milleraies cachemire de France Duval Stalla (aaah, quel beau tissu, lourd, souple et soyeux!).
Je n’ai rencontré que trois problèmes, mais de taille (au sens propre).
1) Je me suis beaucoup appliquée, et sans me vanter, je peux affirmer que jusqu’à la ceinture, il était parfait. On le voit mal sur l’image ci-dessus, mais la ceinture vient se fixer sur deux empiècements en V qui font un peu plastron devant et derrière (un peu comme sur un jean, mais encore plus en V).
J’ai bien vu que ces empiècements étaient étroits, j’ai vérifié les marges de couture, il me semble que je n’ai pas fait d’erreur, et comme j’avais une confiance aveugle en Ottobre-le-Tombe-Toujours-Juste, j’ai cousu la ceinture à la surjeteuse avec couteau (???) pour économiser le plus de tissu possible dans les surplus.
Empiècement arrière??? Pas d’empiècement arrière, il a été dévoré par le couteau de la surjeteuse.
Empiècement avant??? Il en reste un petit bout, quelle veine… En fait, il m’apparait maintenant que j’aurais vraiment dû suivre mon instinct et coudre une sorte de “parementure glisse-élastique” à l’arrière de l’empiècement.
2) La méthode “à la col de tee shirt” supposait de prendre l’élastique dans la couture, ce que j’ai fait avec joie. Malheureusement, cet élastique provenait d’un paquet issu de brocante, dont le premier tour avait manifestement subi du temps l’irréparable outrage.
On voit bien qu’à gauche sur l’image, l’élastique rongé de soleil n’est bonnement plus du tout élastique. C’est irrémédiable puisque surjeteuse, couteau, etc…
Troisième problème: le pauvre Lutin tout nu brandit le poing en arrière plan! J’ai encore cousu un pantalon de géant sans m’en apercevoir! Du coup c’est la Petite Créature qui le porte (elle qui porte du 3/4 ans désormais; pantalon Ottobre prévu pour l’automne en taille 12 mois, je commence à m’y perdre)!
Pour aller avec, j’ai fait une Maud de Citronille
.
Le tissu (Sacrés Coupons) est magnifique, mais un peu trop rigide pour ce modèle.
L’encolure, un peu épaisse, empêche les plis de se former comme il faudrait.
Enfin, elle a au moins le mérite de cacher la ceinture ratée.
J’ai aussi tricoté un Camilla Kids, en Eco + de Cascade Yarns (je n’ai aucun mérite, j’ai tout plagié chez Amuze toi, laine et modèle!)
Bien sûr, la laine est noire, mais vous savez ce qu’il en est quand on photographie du noir.
Il est trop grand, et heureusement puisque je l’ai fait en quatre ans pour l’hiver prochain!
Et à part ça, vous n’êtes pas sans savoir qu’en bonne Greenlandaise, je suis très fière de mes rosiers. (Non mais vous avez vu cette robe atroce? Pauvre liberty Eloïse!!! Aujourd’hui je ne coudrais plus jamais un patron pareil. J’ai bien tenté de porter la chose à la maternité, mais quelle déprime… Note pour plus tard: recycler ce pauvre liberty martyr!)
Donc, depuis un mois, les affaires reprennent.
Aujourd’hui, le rosier jaune de la véranda.
Va falloir vous y faire, on n’en a pas fini. J’ai compté, et j’ai 27 ou 28 rosiers.
Bulletin Spécial Lutin
Depuis janvier, nous cohabitons avec un Lutin.
Dans l’ensemble, ça se passe plutôt bien, surtout depuis qu’il me laisse coudre tranquille…
Je sais que d’ordinaire, les Mères Admirables préparent l’arrivée d’un enfant longtemps à l’avance, notamment en tricotant des petits pulls, des baby blankets et des chaussons, et en cousant des brassières, des doudous ou des corbeilles à lingettes. C’est utile, et ça meuble l’attente interminable.
Pour ma part, je n’avais rien cousu pour le Lutin, et j’avais bien raison, puisque c’est depuis que j’ai voulu lui faire des vêtements que les ennuis ont commencé.
D’abord, j’ai eu du mal à choisir les modèles. Je suis toujours attirée par les vêtements féminins qui me paraissent à la fois plus faciles et plus jolis (qui a envie, je veux dire VRAIMENT envie de coudre une chemise de safari, un pantalon cinq poches et braguette ou un queue de pie???).
Après de longues tergiversations, décidée à prouver ma dévotion maternelle coûte que coûte, j’ai jeté mon dévolu sur le cardigan “Belloc” de
, et sur la jolie salopette Maxime de Citronille. 
Il a ensuite fallu choisir les couleurs, et à nouveau j’ai trouvé le choix bien plus restreint pour un garçon que pour une fille. J’ai finalement opté pour un alpaga anthracite de La Droguerie dont j’ai oublié le nom (peut-être bien lichen, mais je ne le jurerais pas). Rien n’allait avec dans mes tissus, et donc j’ai fait Maxime en jean foncé EdH, doublé dans l’affreux pilou MT déjà employé pour ce lointain manteau au col difforme (ça me fait plaisir de le revoir, je vois que j’ai quand même progressé, depuis).
Comme le Lutin porte du six mois, il m’a paru naturel de lui tricoter son gilet en six mois.
Citronille being Citronille la salopette a nécessité plus de réflexion. J’ai d’office ratiboisé un centimètre de largeur sur chaque pièce. Puis, comme le Lutin est grand et fin, j’ai ôté un gros centimètre sur toute la largeur de la taille 3 mois. Ensuite, j’ai pris du six mois en hauteur, en emmanchures et en col. Enfin, comme il n’y avait quasiment plus de place pour la tête après avoir tant réduit la largeur, j’ai redessiné les encolures devant et dos, étrécissant ainsi les bretelles.
Je préfère vous montrer cette photo surexposée qui permet de camoufler les défauts. Je n’ai pas réussi à trouver la tension correcte qui permette à la fois de coudre les épaisseurs simples et les couches de jean superposées. Du coup, la surpiqure de poche est molle et flottante, limite bouclée par endroits, en plus d’être irrégulière et trop loin du bord. Par ailleurs, je ne sais pas si c’est les pois ou les deux cornes latérales, mais je la trouve très moche, cette poche.
Par contre, s’il y a bien quelque chose qui m’enchante dans cette salopette, c’est l’entrejambe super professionnelle pourvue de pressions Ar Brinic (bénies soient elles, car je déteste l’idée des boutons et boutonnières – mais où diantre Citronille avait-elle la tête en proposant cette solution bizarre? Vous vous imaginez boutonnant et déboutonnant un Lutin boxeur toute la sainte journée? On nage en plein délire).
Bref, même si les couleurs ne me plaisent pas trop, je croyais quand même avoir fait une tenue à mon Lutin. Je sentais bien que c’était peut-être un peu grand, et je me disais que Tant Mieux, qu’il la Porterait Longtemps.
En fait, Dans Longtemps.
Pour Citronille, la chose est connue, cette dame n’a pas le sens commun et ses tailles ne veulent rien dire. Par contre, pour la Droguerie, c’est d’autant plus troublant que j’avais fait un échantillon, suite au fiasco du Navy Doudou.
Deux échantillons aux aiguilles 3,5. En violet (ou “bruyère”), l’alpaga de la droguerie (10cmx5cm). En mauve (“London Sky”, ils disent, vous avez déjà vu le ciel de Londres comme ça, vous?), la Malabrigo Lace (10cmx10cm).
En gros plan, voilà ce que ça donne, et peut-être un début d’explication. Là où la Malabrigo donne un résultat assez dense qui se tient bien, voyez comme l’alpaga semble mou et laisse apparaître des jours entre les mailles! Je me demande si ça n’est pas lui qui se distend démesurément après blocage et transforme mes tricots en sacs.
Ragot: figurez-vous qu’une inconsciente m’a laissé un commentaire élogieux sur l’abominable Navy Doudou taille baleine. Pour la punir de sa flagornerie, je l’ai aussitôt menacée de le lui envoyer. Quelle ne fut pas ma stupéfaction de lire sa réponse! Elle accepte. Je ris bien à l’idée de la sale surprise qu’elle va avoir…
Mention légale: vous avez sans doute remarqué que dans mon enthousiasme à vous faire partager mes lubies, il m’arrive très souvent de piller le matériel iconographique d’autrui (rien que dans ce message, un dessin de Rien Poortvlie issu de ce livre génial écrit par Wil Huygen
la photo d’une malle-armoire Vuitton garnie d’une poupée et de son trousseau chipée sur le site d’une exposition, un sapeur congolais rencontré sur une page tumblr, et ce magnifique sosie de mon navy doudou trouvé sur Ravelry). Je sais bien que cette pratique contrevient terriblement et au code civil pour le droit à l’image (articles 226-1 à 226-8), et au code de la propriété intellectuelle pour le droit d’auteur, (loi du 11 mars 57 et loi du 3 juillet 85), mais je ne peux pas m’empêcher…
The Prodigy
Vous souvient-il, ô mes drougs, de ce groupe des années 90, auteur de plusieurs succès aussi féministes que bucoliques, parmi lesquels l’inégalable Smack my bitch up?
Le chanteur est vraiment ravissant, sur cette image. Ses cheveux menthe à l’eau sont tout à fait dans le thème.
Bref, le véritable prodige ici, j’y viens, c’est la Pince Clover,. Suite à ma promesse d’en dire plus, j’ai reçu un flot de messages fiévreux me réclamant des détails, et je m’apprête à satisfaire les curieux.
Les Prodigieuses Pinces, ou Wonder Clips, sont de petits outils de fabrication japonaise commercialisés aux USA et au Japon par la firme Clover (qui d’ailleurs propose une foule de merveilles mercières ingénieuses au design coloré, tout à fait dans le thème, elles aussi).
On peut les acquérir par paquets de dix ou par boites de cinquante. Ce sont de petits objets luisants en polycarbonate et acier inoxydable couleur grenadine.Leur ligne rustique est la garante de leur grande robustesse.Leur base est plate ce qui garantit une stabilité exemplaire. Elles mesurent environ deux centimètres, dont 12 mm d’ouverture maximale de la pince. Le socle est pourvu de repères à 5mm, 7mm et 10mm, autant dire 1 cm.
Très bien très bien, mais à quoi cela sert-il? Hé bien je vais décevoir les attentes de tous ceux qui espéraient des usages extraordinaires, exotiques ou dangereux. Les Prodigieuses Pinces s’utilisent tout simplement en lieu et place des épingles.
J’ai tenté de répertorier pour vous les avantages de la Pince Clover sur l’épingle:
- Quand elle tombe par terre, la pince est visible et ne pique pas les doigts au ramassage.
- La pince ne troue pas le tissu, elle est donc parfaitement indiquée pour les tissus fragiles qui marquent, ou pour le cuir évidemment…
- Puisque la pince ne troue pas le tissu pour y entrer et en ressortir, elle ne le distord pas comme le fait l’épingle.
- Comme il n’y a pas de trous à faire (si vous me suivez), on ne se fait pas mal aux doigts
- La pince, qui ne troue pas le tissu (comme chacun sait), n’a pas à y enter avant d’en ressortir; on économise plusieurs gestes; c’est donc très rapide.
- Grâce à sa grande capacité d’ouverture, la pince permet de fixer plusieurs épaisseurs de façon très précise
- Les graduations de la pince servent de guide pour respecter les valeurs de couture.
PRODIGIEUX, ISN’T IT??? Bof, vous allez dire. Et en effet, je ne parle jusqu’ici que des usages où les pinces et les épingles sont interchangeables. Par contre, tous ceux qui ont essayé d’assembler des morceaux de jersey entre eux vous le diront, à l’épingle, c’est l’horreur parce que ça glisse.
Je suis dépitée, j’avais pris plein de photos de l’assemblage de la jupe Lalala ci-dessous, mais elles sont toutes floues!
Bref, voilà ce qui est vraiment prodigieux dans la Prodigieuse Pince:
- elle permet d’assembler les tissus mous sans risque de glissement ou de déformation.
- elle permet de joindre deux pièces en jersey dont l’une doit être tendue et l’autre pas (bracelets de manches, par exemple)
- elle évite le bon vieux coup de l’aiguille qui passe dans le couteau.
OUF! Je crois que j’ai fait le tour, là. J’espère avoir été suffisamment exhaustive. Si quelqu’un voit quelque chose à ajouter, ne vous privez pas, hein.
Je joins un RIB pour que les dirigeants ou actionnaires de Clover qui passent par là se fendent d’un petit dédommagement. Les cadeaux en nature (tissus, biais, boutons) sont les bienvenus.
Pendant que j’y suis, je vous signale en passant cet excellent ouvrage:
J’ai un peu la flemme de le présenter en détails, mais je me force, il vaut vraiment le coup pour les débutantes comme moi. Tout y est patiemment expliqué, et surtout photographié: la surjeteuse, ses propriétés et réglages, les fils et les accessoires (chapitre 1: ennuyeux mais utile); les bases de la couture à la surjeteuse, l’enfilage, la tension, les techniques (chapitre 2: une révélation, surtout pour la couture dans les arrondis); l’assemblage (chapitre 3: mon chapitre préféré puisqu’il illustre tous les cas qui se présentent dans la confection d’un vêtement), les points décoratifs (chapitre 4: pas encore lu).
Là encore, si Christelle Beneytout et Sandra Guernier passent par là, un intéressement aux bénéfices, même modeste, sera le bienvenu (RIB plus haut). Sinon, des jerseys couleur nature en vue du prochain défi 13 –quelle transition!
Donc le Défi 13 sirop. Mais où vont-elles chercher ces thèmes à dormir debout?!? Surtout après le dernier défi pastel. Faut arrêter, là, trop c’est trop.
J’ai d’abord passé plusieurs jours devant mes piles de tissu –qui pourtant sont devenues conséquentes, et à part le vichy rose du mois dernier, rien n’évoquait quoi que ce soit de sirupeux.
J’ai arpenté les boutiques en ligne, et j’ai même acheté du crépon mauve, mais le coeur n’y était pas. Ensuite, j’ai attendu l’inspiration quelques temps. Elle n’est pas venue.
La semaine dernière, j’étais en shopping spree voyage d’affaires à Paris (une sombre histoire de mallette de comté à remettre en mains propres à une mystérieuse intermédiaire dans un grand hôtel de la rive gauche), et je me suis dit que ça serait bien bizarre que je ne trouve pas d’idée dans les magasins de la capitale. Chez Toto, rien de sirupeux (mais beaucoup de vichy et d’autres imprimés – à voir prochainement). Chez Reine, pas d’idée (mais des rubans, des dentelles et des patrons). Chez Sacrés Coupons, RAS (si ce n’est de jolis carreaux). En désespoir de cause, j’ai fini par aviser aux Coupons de Saint Pierre un jersey de coton mi-mauve.
Je me suis dit que j’en ferais un top “Perrier – Violette à la terrasse de l’Ecume des Jours”, en hommage à une fidèle lectrice qui en raffole. C’est un peu tiré par les cheveux, et en plus le top en question apparaît plus barbe à papa que sirop de violette en photo (cela dit, la barbe à papa, c’est du sucre et des colorants, aussi, donc je ne suis pas complètement hors sujet).
Trêve de circonlocutions, voici la tenue. Elle se compose donc d’un tee- shirt sirupeux et d’une jupe bouffante.
C’est mon second patronmaison, copie agrandie d’un tee shirt H&M taille 14 ans trouvé sur une plage, et dont la forme me plaisait. Malgré la couleur un peu sirupeuse à mon goût, je l’aime beaucoup.
Je l’ai même porté dans la vraie vie, comme on voit ci-dessus. Les pinces en bas devant (comment dire autrement???) resserrent la taille et permettent à ce petit haut ample par ailleurs de se draper sur les hanches.
Ce dont je suis contente, surtout, c’est de la qualité des finitions. Il faut dire qu’un fil de la bonne couleur, ça aide.
L’encolure bateau décente mais womanly art of breastfeeding friendly me comble d’aise, ainsi que le Lutin, of course.
Pour aller avec, j’ai fait une jupe noire à laquelle aucune photo ne rend justice. Par contre, je n’ai toujours pas nettoyé le miroir.
Jupe “boule” du Lalala 2
- produit du terroir reçu from Paris et sooo cher à mon coeur (vous pouvez l’acheter les yeux fermés, il y a toutes sortes de basiques en jersey indispensables) (rappel à l’intention des auteurs: mon RIB est plus haut). C’est la jupe de couverture.
Chose étonnante – mais cela m’a plutôt fait plaisir- en L elle était bien trop large à la taille. Je ne m’en suis aperçue qu’à l’essayage final. Après avoir tergiversé deux jours de peur de la ficher en l’air, je me suis résolue à tenter deux pinces à l’arrière de la ceinture (c’était ça ou l’élastique, de toute façon…). La première, celle de droite, est impeccable, mais j’ai refait deux fois celle de gauche sans parvenir à vaincre l’espèce de petit pli à sa base (il y a à cet endroit huit épaisseurs d’un jersey mou qui se déforme beaucoup, et plein de fronces, aussi).
Sa forme est vraiment seyante, parce que les fronces ne commencent qu’après les hanches, qui sont plates grâce à la ceinture ajustée, et heureusement! Mon jersey crash test, fin et de qualité douteuse (provenance Mamzelle Fourmi), se prête assez bien à cet usage, parce qu’il tombe assez droit sans faire parachute.
Une fois encore, je suis vraiment enchantée des services de Gisèle, ça change tout!
L’heure du bilan
Ce matin, à l’heure où les esprits futiles se demandent si la France devrait être forte ou faible, changer maintenant ou plus tard, des questions autrement capitales m’occupent.
EST-IL DIANTRE POSSIBLE DE SE TRICOTER QUELQUE CHOSE DE METTABLE???
Cet été lors d’une escapade gastronomique culturelle à Milan, nous avons visité le magasin Abercrombie, officiellement pour se moquer.
Malheureusement, je suis faible et influençable, et seule la crainte des quolibets m’a empêchée d’acquérir ce gilet:
Comme mon acolyte venait de m’apprendre à tricoter, je me suis juré de progresser assez pour me faire le même. Hum.
J’ai arpenté Internet à la recherche d’un modèle, et c’est ainsi que j’ai découvert LES BLOGS COUTURE (sniff, j’écrase une larme d’émotion)! J’ai atterri chez La Poule dont le Navy Doudou était dépourvu de torsades et de col en V, mais évoquait tout de même de façon lointaine le gilet désiré.
Après quelques Ishbels, un kina et deux gilets de Sisyphe, j’ai enfin décidé de me lancer dans my own private Abercrombie Greenlandais (alors qu’il n’aurait pas fallu, bien sûr…).
Comme le gilet de La Poule est ample, qu’elle ne fournit les explications que pour sa taille, et que je suis incapable de modifier quoi que ce soit sur un tricot, j’ai décidé de suivre docilement ses instructions, bien qu’elles fussent destinées à une taille 38 alors que je fais du 44. Et heureusement.
TADAM! A gauche, Navy Doudou de La Poule, taille 38. A droite, un de mes pulls, taille L.
Il y a comme un petit problème. Porté, c’est encore plus triste.
Le col m’arrive à mi poitrine. Les manches sont tire-bouchonnées sur les bras. Je vous laisse imaginer le temps et l’argent consacrés à ce gilet en alpaga d’une surface qui atteint presque deux mètres carrés.
Ceux qui dans leur entourage ont une amie enceinte de sextuplés, un sumotori ou un être éveillé peuvent toujours me contacter, je serai heureuse de rendre service.
Greenland’s runway
Dans le Vert Pays, il n’y a rien à faire, donc on se reproduit beaucoup.
Quand on se reproduit beaucoup, on adore le jersey. Pour ma part, je porte la même tenue depuis deux ans et demi.
On constate que je n’ai pas dépoussiéré le miroir, alors que j’avais promis de le faire…
Donc, je vous détaille ma tenue reproduction- compatible. En haut, un hoodie ample et extensible (enceinte, il grandit avec le ventre, allaitante il s’ouvre au premier piaillement de Lutin). En bas, en sus de mon foot wear de lady habituel (crocs or pâle à paillettes ,célèbres chaussettes ridicules), je porte l’inévitable yoga pant taille haute qui enfle et se dégonfle en rythme lui aussi.
Au centre, la clé de voûte de ma garde robe: la tunique Jennyfer 2004 en jersey. Le ventre, lui aussi, s’étend à volonté, la jupe dissimule les amas adipeux disgracieux, mais surtout, le décolleté bée sur demande pour nourrir les Créatures Affamées.
Evidemment, je ne l’ai pas fait béer sur la photo.
Dès que j’ai vu cette tunique, j’ai su que je l’aimerais toujours, et je l’ai achetée en double exemplaire (sable sur ces photos, et kaki dans le panier à linge sale). C’est astucieux, cela me permet d’en laver une pendant que je porte l’autre.
A ce rythme, les tuniques adorées ont fini par périr de vétusté.
On constate la présence d’un trou au premier plan. Le jersey est devenu transparent.
Sensationnelle, vous ne trouvez pas?
J’aime tellement mes tuniques Jennyfer que je me suis juré de parvenir un jour à coudre les mêmes. C’est même la raison pour laquelle j’ai mis tant de persévérance à dompter Gisèle.
La semaine dernière, je me suis enfin sentie de taille à bidouiller un patron, en alliant deux méthodes rigoureuses et scientifiques:
- le surlignage au feutre des traces laissées sur une feuille de papier par l’écrasement de la tunique sous la dite feuille
- la mesure de chaque morceau en divers point.
C’est avec émotion que je vous présente mon premier PATRONMAISON! J’ai choisi un tissu crashtest assez affreux, mais ça n’est qu’un prototype…
Evidemment le jersey rayé se prête tout à fait mal à la “ceinture” sous poitrine et aux bretelles. Je remercie quand même De fil en Etoile qui me l’a offert!
Il présente tout de même l’avantage d’être assorti à ma bouée orthopédique.
Le décolleté est plutôt formidable, mais j’ai toujours ce petit problème de tension/ couleur de fil (voyez les petits points blancs…).
Vous pensez que j’arbore mon Costume de Pêche à la Palourde pour honorer le climat breton qui règne ces temps sur le Vert Pays. Vous n’y êtes pas du tout: c’est une tenue de chasse à la poule!
La preuve!
Des lecteurs attentifs n’ont pas manqué de remarquer que je faisais de la réclame pour les prodigieuses pinces Clover. On m’a posé des questions. Comme c’est un sujet qui me tient beaucoup à coeur, je le traiterai aussi rigoureusement que possible dans un prochain bulletin.
Kriegspiel
Lundi dernier a eu lieu notre quatrième Sewing Mardi et Hirsinger.
Autant le dire tout de suite, nous n’avons pas eu le temps de coudre.
Il a d’abord fallu se sustenter.
Ration succincte composée pour chacune d’un Délice de la Baronne et d’un K2.
Quelques tablettes pour les cas de force majeure – qui n’ont pas manqué de se présenter très vite (Noir- praliné- nougatine de chez Hirsinger, Noir- praliné de chez Bulabois, Lait- nougat- praliné de chez Bulabois).
Ensuite, revue des troupes:
- Défilé des Pinces Clover et Commande immédiate de nouvelles recrues.
(Je dois dire que je ne puis plus m’en passer; mon acolyte, elle, a décidé de se convertir).
- Inventaire des Patrons, Commande immédiate de nouveaux uniformes.
- Inspection des Jerseys et molletons, Commande immédiate de troupes fraîches.
Bon, vous allez dire, elles n’ont rien fichu de leur journée.
Pas du tout! Nous avons consciencieusement préparé La Grande Campagne d’Eté.
(Je ne sais pas si comme moi vous avez joué à Warhammer, hum, probablement pas, mais les connaisseurs apprécieront ces quelques Nains du Chaos…)
- expédition des dossiers en cours (et notamment pose de deux boutons pression pour la route)
- établissement d’un plan de bataille pour les prochains Mardi.
- calendrier précis des affrontements
Intermède: POESIE GUERRIERE
SOIR DE BATAILLE
Le choc avait été très rude. Les tribuns
Et les centurions, ralliant les cohortes,
Humaient encor, dans l'air où vibraient leurs voix fortes,
La chaleur du carnage et ses âcres parfums.
D'un oeil morne, comptant leurs compagnons défunts,
Les soldats regardaient, comme des feuilles mortes,
Tourbillonner au loin les archers des Phraortes,
Et la sueur coulait de leurs visages bruns.
C'est alors qu'apparut, tout hérissé de flèches,
Rouge du flux vermeil de ses blessures fraîches,
Sous la pourpre flottante et l'airain rutilant,
Au fracas des buccins qui sonnaient leur fanfare,
Superbe, maitrisant son cheval qui s'effare,
Sur le ciel enflammé, l'Imperator sanglant.
José Maria de HEREDIA

Fin de l’intermède et conclusion du Sewing Mardi et Hirsinger
Heureusement, pour conclure cette journée spécialement improductive, en cinq minutes au moment de se quitter, j’ai libéré Ishbel V de son lit d’épingles et je l’ai remis à mon acolyte qui me le réclamait depuis des mois.
Ishbel 1 et Ishbel 2, en alpaga de La Droguerie, étaient beaux et chauds, mais chers. De plus, la dentelle ne ressortait pas assez nettement à mon goût.
Ishbel 3 et Ishbel 4, en Malabrigo Lace, étaient plus agréables à tricoter, et la dentelle s’y détachait mieux, mais c’étaient de Vraies Mauviettes!
On m’informe que la Malabrigo Lace vieillirait vite! On me dit même qu’elle se comporte très mal au lavage, et qu’elle bouloche affreusement. J’espère que c’est de la calomnie!!! Je lance un appel à témoins, j’aimerais bien savoir avant de me lancer dans Ishbel VI!
Fin de la digression.
Nous voulions, mon acolyte et moi, garder la Malabrigo Lace, qui est superbe, mais obtenir un immense châle. Il a donc été décidé de la tricoter en double, avec des aiguilles 7, pour voir ce que ça donnerait.
Et en effet, le châle est grand! Une envergure de presque 3m! Une hauteur d’1m50! Alléluia! Il a fallu deux écheveaux tout rond. Le coloris s’appelle Tortuga, c’est un magnifique gris chaud à reflets violet foncé, impossible à photographier en trois minutes (pas de prouesses Coppolesques cette fois…).
Ici, il est bien trop clair.
Et là trop foncé (il est tellement grand que même sur la pointe des pieds je n’ai pas pu le photographier en entier!).
Vous remarquerez qu’il n’y a pas d’erreur (je commence à ne plus me tromper, au bout du cinquième…pour celui-ci, je n’ai eu que trois rangs à défaire, mais c’étaient des rangs de la fin, de ceux qui font 300 mailles…).

Certains lecteurs m’ont fait remarquer que mes échecs étaient bien plus intéressants que les réussites. Je vous rassure: à venir, un gilet femme en alpaga, un “goofy pant” de Lutin, un pull de Petite Créature, TOUS RATES!!!
L’Artiste
Souvent, je sautille de blog en blog en m’ébahissant de la qualité des photographies.
Ingénue comme j’étais, je ne connaissais pas Pixlr-o-matic.
Maintenant, j’ai tout compris, et moi aussi, je peux me prendre pour Sofia Coppola. 
Robe Paris 70’s, à la Virgin Suicides.
Virgin Suicides est un film fantastique, c’est une chose entendue, dont la B.O. est extraordinaire, ça c’est sûr, mais il ne faut pas oublier que c’est d’abord une adaptation très fidèle du livre de Jeffrey Eugenides, premier roman à l’ambiance envoûtante.
Son second, Middlesex, est encore plus abouti.
Je viens de découvrir que le troisième, The Marriage Plot, est paru fin 2011 sans que je m’en aperçoive. Je viens de le commander précipitamment.
J’en reviens à Paris, et j’abandonne mes effets de manches.
Cette Paris ressemble à celle-ci, plus ancienne, mais surtout elle est assortie au chapeau réversible que vous connaissez déjà, dans les mêmes tissus.
Ripstop rouge Mamzelle Fourmi, Liberty Phoebe Katsfabrics, Passepoil Cousette.
Je suis rudement satisfaite de cette robe, pour une fois. Elle rend tout à fait comme je voulais, sobre et rigolote en même temps.
De dos c’est très chic, si l’on excepte l’épingle. Depuis, j’ai mis des pressions parfaitement assorties, c’est merveilleux, mais il pleut trop pour faire des photos. Au point où on en est, je me demande s’il ne faudrait pas faire une Paris en ripstop uni (j’en ai commandé hier par erreur, ça tombe bien) et passepoil seulement, c’est à dire sans plastron, comme le suggérait mon maître à penser.
Excavations Bourbeuses
Si le Vert Pays est si Vert, c’est bien parce qu’il y pleut (il n’y a pas de miracle).
Les routes de mon village ne sont pas toutes pavées, loin de là, et lorsqu’elles le sont, il y a le plus souvent des nids de poule, bien sûr.
Ainsi, lorsque je sors de chez moi, j’ai à peu près une chance sur deux d’être confrontée à des flaques de boue, ou fondrières.
J’ai trouvé la définition de wikipedia très évocatrice, aussi vous en fais-je profiter, ainsi que de l’exemple littéraire qui l’accompagne.
Définition:
Excavation bourbeuse dans un chemin défoncé par la pluie.
“Le sol spongieux tremblait autour de nous, et à chaque instant nous étions près d’être engloutis dans des fondrières.” Chateaubriand. Atala.
Bref, je remercie bien les organisateurs du Défi 13 d’avoir proposé le thème nunuche qui me permit d’arborer pour la première fois et pour la photo only, puisque des bourrasques orageuses soufflent et qu’il fait 7 degrés, ces chaussures, achetées depuis 3ans et jamais portées (les occasions manquent, par ici, il faut bien le dire).
PASTEL (GROUMF)
Voilà qui ne m’enchante guère. C’est bien simple, je n’avais qu’un tissu qui correspondît, et c’était ce vichy rose pâle à gros carreaux de chez cousette.
Je me suis donc mise en quête d’un patron, et comme je voulais pouvoir le porter, pas comme Danielle, ou la robe japonaise, qui certes sont de saison mais ne sont pas “womanly art of breastfeeding friendly”, le choix a été très restreint.
Seule cette robe du Ottobre 2/2012 présentait un décolleté amical aux arts féminins de l’allaitement maternel.
Comme toujours, les problèmes n’ont pas manqué.
1) Les Carreaux.
J’avais une forte fièvre quand j’ai préparé mon tissus, aussi ai-je coupé ça à la hussarde, utilisant les pliures du coupon, oubliant complètement la question du raccord des carreaux – dont je ne me suis aperçue qu’au moment de coudre. Plus grave, je n’ai pas tout à fait suivi le droit fil, et donc les lignes ne sont ni tout à fait horizontales, ni tout à fait verticales.
On le voit très bien à la jonction jupe/ corsage.
2) La Parementure.
Je n’ai pas tout compris au moment de poser la parementure. En effet, elle n’est pas assez longue pour aller se glisser sous les bordures de la patte de boutonnage (hum, ça ne doit pas s’appeler comme ça). Enfin, voilà le problème:
Bien sûr, j’aurais pu redessiner une parementure de la bonne longueur, ou traduire mieux les instructions, ou demander conseil…et même j’aurais dû surjeter les bords inférieurs de la parementure. Bref, comme dès ce stade je craignais la Bérézina, j’ai préféré ne faire aucun effort. Le résultat n’est pas très orthodoxe, mais ça ne se voit pas de l’endroit, alors…
3) L’entaille
Je me doutais bien que ça serait raté, parce que Gisèle, qui est vraiment incontrôlable, a bondi sur ma pauvre robe lorsque j’avais le dos tourné, et lui a déchiré la poitrine de ses crocs acérés.
J’ai vaguement mis un bout de thermocollant (ou stéri strip) derrière, mais les bords de la plaie étaient bien trop déchiquetés, ça se voit beaucoup sur l’endroit.
J’ai donc réalisé un Cache Misère Complètement Pochlost en ruban.
4) Le tissu/ les boutons
Ce ruban nunuche tombait à point nommé sur ce tissu très rose et très transparent, aussi. Manquaient les boutons. Et hop! Chez Lingoramaaaaaaaaa! Comme d’habitude, il n’y avait rien, mais alors rien de rien. Le moins terriblement atroce, ça a été ces boutons kitsch à souhait.
5) Les Manches de Goldorak.
J’ai eu très très peur à ce stade, parce qu’il me restait à poser les manches de Goldorak, et j’avais déjà été très déçue par les manches de Skeletor, donc je craignais le pire…
En fait ça n’est pas si affreux.
Donc la robe fut finie, je l’essayai enfin, et le résultat fut...
Une robe de Zahia à la plage allaitement compatible!!! C’est pas beau, ça?
Evidemment sur Rose c’est plus convenable:
Bon, elle est quand même un peu courte:
Et un peu transparente:
Heureusement que le corsage fait sainte Nitouche…
Par contre il y a comme souvent un problème de surplus de tissu au dos, je ne sais pas comment le résoudre:
Anecdote Bling-Bling:
J’ai pris ces photos en guise de pause, tandis que je faisais le ménage, entre l’étage – fait- et le rez de chaussée – à faire. Et ça n’était pas un ménage normal, aaaah que non, car j’avais à affronter une INVASION DE FOURMIS. Et quand je parle d’invasion, il s’agit de cohortes innombrables, hein, des milliers! Ayant déplacé TOUS les meubles du salon, j’ai enfin localisé leur point d’origine: l’interstice entre deux plinthes dans l’angle sud-est.
Ayant aspiré plusieurs centaines de bêtes (les autres se sont carapatées dans leur trou), j’ai voulu googliser un produit naturel et sans danger à répandre devant la tanière dans l’espoir qu’elles ne reviennent pas. Et là, j’ai découvert Fourmis.fr, un site de VPC extraordinaire qui propose d’acquérir des colonies de différentes races de fourmis, des vivariums, des nids creusables ou déjà creusés, des proies vivantes, et mêmes toutes sortes de cloportes et d’autres invertébrés!!!. Vous y trouverez également un support en ligne gratuit, avec des tutos prodigieux, de nombreuses fiches élevage, et même un Chat pour partager votre passion!
Maman et ses Mini –Soooo Cute!
Le monde est une vallée de larmes; Ceux qui ont des colonies de fourmis veulent s’en débarrasser, les autres qui n’en ont pas veulent en acquérir! Bref, je suis prête à céder des sujets sains et vigoureux pour un prix modique, contactez-moi!
Louise
Louise était couturière, et brodeuse aussi. Je ne l’ai pas connue, c’était la tante de ma grand mère, qui m’en a beaucoup parlé.
Elle pose ici devant le magasin de tissus où elle travaillait.
La voici de plus près. A sa mort, elle a laissé des tiroirs entiers de fils et de dentelles, que ma grand mère utilise depuis. J’ai récupéré quelques reliques.
Dentelle et bouton from Tante Louise’s stock. Liberty Phoebe zaune (Je crois bien que Phoebe est en passe de supplanter Meadow dans mon coeur…j’en ai du gris de toute beauté, et le rouge, acheté par erreur, se révèle plein de ressources…).
J’ai fait deux Marie, de Citronille, et comme je ne supporte pas de coudre en double, j’ai mis une petite dentelle sur la première.
J’ai eu peur que la seconde ne se sente arnaquée, aussi lui ai-je proposé un petit biais doré de chez Cousette. Elle a dit oui.
Comme l’une des ces Marie est destinée à une petite fille qui aime le zaune, et que j'ai des fleurs zaunes en ce moment, j’en ai profité.
Une fois encore, mon célèbre panier à linge en a profité pour s’incruster au shooting, mais comme il est zaune, je n’ai pas protesté.
Pour aller avec j’ai fait un Kina pétrole en bamboulène.
On ne peut pas voir qu’il va avec, puisque l’appareil restitue un bête bleu marine alors qu’en fait, le gilet est de la même couleur que les fleurs du phoebe…
Que c’est mignon, tout ça…
Et à part ça, je vous signale à toutes fins utiles qu’à l’occasion de la sortie de son nouveau film (hum: je mets l’image en petit, je ne veux pas ruiner la bucolicité de ce message…) Francis Ford Coppola a accordé à France Inter une entrevue de plusieurs heures, diffusée en plusieurs parties chaque jour de cette semaine et réécoutable sur le site. C’est captivant, vraiment.
Carême du Louvre
“Me sera-t-il permis aujourd’hui d’ouvrir un tombeau devant la Cour, et des yeux si délicats ne seront-ils point offensés par un sujet si funèbre? Je ne pense pas, messieurs, que des chrétiens doivent refuser d’assister à ce spectacle avec Jésus Christ. C’est à lui que l’on dit dans notre évangile: Seigneur, venez et voyez où l’on a déposé le corps du Lazare; c’est lui qui ordonne qu’on lève la pierre, et qui semble nous dire à son tour: Venez, et voyez vous-mêmes. Jésus ne refuse pas de voir ce corps mort, comme un objet de pitié et un sujet de miracle; mais c’est nous, mortels misérables, qui refusons de voir ce triste spectacle, comme la conviction de nos erreurs. Allons, et voyons avec Jésus Christ; et désabusons-nous éternellement de tous les biens que la mort enlève.”
C’est ainsi que Jacques – Bénigne Bossuet commença son sermon sur la Mort, prononcé à l’occasion du Carême du Louvre en 1662, et c’est en relisant l’exorde que nous introduisîmes solennellement notre troisième Sewing Mardi et Hirsinger (Maigre). [Si, si, c’est vrai, en plus!]
En effet, nous avions décidé de faire pénitence, et de nous contenter de 5 gâteaux et une tablette de chocolat (pour se désabuser de tous les biens que la mort enlève, certes, mais progressivement) ! A boire, de la limonade et du thé uniquement!
Puisque c’était Carême, nous n’avons rien cousu d’ostentatoire. Nous voulions du sobre, du modeste, du gris. Mon acolyte devait terminer son haut burda. Ceci fut fait, avec du fil de la bonne couleur, et du recueillement.
Sur ce modèle, le biais de col a été cousu dans le bon sens, ce qui ne gâche rien. Les biais d’emmanchures, eux, sont rectilignes (effet du fameux recueillement pré-pascal).
Les coutures latérales coïncident parfaitement à la jonction des biais d’emmanchures, ce qui m’inspire une grande jalousie (heureusement, je sais que mon acolyte n’emportera pas ce haut Burda au paradis, donc je me raisonne).
Pour ma part, je décidai de m’attaquer à l’excellent Lalala 3 , Bible des basiques pour enfants en jersey recommandée par mon Guru.
disciples
J’avais choisi le tee-shirt à manches bouffantes. Tout comme les tee shirts déjà réalisés, celui-ci se composait d’un devant, d’un derrière et de deux manches. Le col et les manches étaient pourvus chacun d’un biais. Rien de difficile a priori.
Ce qui m’a fichu les chocottes, c’est les manches bouffantes, car il fallait manier concomitamment les fronces et la surjeteuse, et ce sur un fort petit diamètre, puisque le vêtement était destiné à une Petite Créature de dix-huit mois…
J’ai tant prié et tant tremblé que j’ai fort bien réussi les manches bouffantes.
Vous constatez en plus qu’il y avait des fronces EN HAUT et EN BAS!
Bien sûr, j’ai quand même réussi à rater diverses choses:
Tout d’abord, j’ai mis le biais du col à l’envers. C’est idiot, maintenant on voit la couture derrière.
Ensuite, au moment de surjeter le bas plié en accordéon, j’ai rêvassé un instant, ce qui a occasionné un petit coup de couteau impromptu. J’avais qu’à faire un peu attention.
Dans l’ensemble, le résultat est tout de même fonctionnel et même joli.
Ce qui m’impressionne surtout, c’est les finitions sur l’envers. Je n’ai pas réussi à coincer la Petite Créature en tee-shirt pour vous montrer l’exploit in situ. Par contre, pour compenser, plusieurs mois après les avoir achevés, j’ai pris des photos portées du manteau Citronille et de la robe fuchsia des Vêtements amples à superposer. Tout vient à point à qui sait attendre.





































































































































